Casinos en ligne avec licence Curaçao en France en 2026 : le prix d’un choix hors cadre
Un joueur français qui clique sur un « casino en ligne avec licence Curaçao » ne choisit pas un opérateur parmi d’autres. Il choisit une catégorie entière d’offre — celle que la France n’agrée pas — et c’est ce qu’elle coûte réellement qu’il faut regarder en premier. L’agrément Curaçao existe, le régulateur néerlandais des Antilles existe aussi, mais aucun des deux ne remplace l’absence d’autorisation française. Et c’est précisément cette absence que l’ANJ consigne, marque par marque, dans sa liste noire. La page qui suit examine ce que cette licence promet, ce qu’elle ne promet pas, et ce qu’elle coûte en pratique à celui qui s’y inscrit.

État des données au 23 septembre 2026, vérification croisée avec le registre public de l’ANJ (liste des opérateurs agréés et fichier CSV des sites bloqués, consultés à cette date).
Table des matières
- Ce que la licence Curaçao ne protège pas pour un joueur français
- Fonctionnement d’un casino sous licence Curaçao : ce qui tourne, et ce qui ne tourne pas en France
- Palmarès des casinos Curaçao bloqués par l’ANJ : ce que la liste noire dit de chaque marque
- Pourquoi ces casinos sont interdits en France : la mécanique juridique de la prohibition
- Questions fréquentes
Ce que la licence Curaçao ne protège pas pour un joueur français
Un casino qui arbore un sceau Curaçao a obtenu une autorisation d’exploitation délivrée par le Curaçao Gaming Control Board (CGCB), autorité de régulation du jeu en ligne de l’île. Cette licence lui permet d’opérer légalement à partir de Curaçao, et selon les termes du permis, dans un certain nombre de juridictions. Ce qu’elle ne fait pas, c’est couvrir la France. Et ce qu’elle ne fait pas non plus, c’est offrir au joueur français les mécanismes de protection que l’agrément ANJ rend obligatoires.
Le décalage entre le permis d’opérer et la protection du joueur
Le permis Curaçao autorise l’opérateur à proposer des jeux de casino en ligne — machines à sous, roulette, blackjack, baccarat, jeux en direct avec croupier. Aucune de ces catégories n’est agréable par l’ANJ sur le sol français. Le Code de la sécurité intérieure réserve en effet l’agrément aux paris sportifs, aux paris hippiques et aux jeux de cercle (poker). Un casino qui cherche à servir des joueurs français depuis Curaçao opère donc en dehors du périmètre autorisé par le régulateur français, et ce quelle que soit la qualité technique ou commerciale de sa licence étrangère.
Pour un joueur, cela se traduit par une perte sèche de trois protections élémentaires :
- Le plafond de dépôt et les limites de session. L’ANJ impose aux opérateurs agréés des plafonds de dépôt hebdomadaires modulables par le joueur, avec un plafond par défaut pour les nouveaux comptes et un plafond d’auto-exclusion volontaire. Aucune de ces bornes ne s’applique à un casino Curaçao, qui fixe ses propres limites ou n’en fixe pas.
- L’auto-exclusion nationale (IVJ). L’interdiction volontaire de jeux permet à toute personne en France de se faire exclure de l’ensemble des opérateurs agréés pour une durée minimale de trois ans, gratuitement et en ligne. Un casino Curaçao, qui n’est pas agréé, n’est pas tenu d’appliquer cette exclusion. Le joueur qui s’est inscrit sur la liste nationale peut très bien continuer à jouer ailleurs.
- Le contrôle d’identité et la lutte contre le blanchiment. Les obligations KYC des opérateurs agréés sont renforcées ; les casinos Curaçao appliquent leurs propres procédures, souvent moins contraignantes au moment de l’inscription, parfois plus strictes au moment du retrait.
Pourquoi ce décalage coûte concrètement
Le coût ne se mesure pas seulement en termes de sécurité juridique. Il se mesure aussi en manque à gagner pour le joueur en difficulté. L’ANJ publie chaque année un bilan de l’activité du fichier d’auto-exclusion : des centaines de milliers de personnes y sont inscrites, et ce qui leur est proposé, c’est un blocage transversal chez tous les opérateurs agréés. Pour les autres — les casinos Curaçao qui ciblent les joueurs français — cette barrière n’existe pas, et c’est précisément le profil de joueur vulnérable qui se retrouve exposé. Un permis Curaçao n’est pas un sceau de garantie pour un résident français : c’est un permis d’opérer ailleurs, qui laisse au joueur la charge de toute la protection.
Fonctionnement d’un casino sous licence Curaçao : ce qui tourne, et ce qui ne tourne pas en France
Avant de juger le coût, il faut comprendre la mécanique. Un casino en ligne « sous licence Curaçao » est une société immatriculée le plus souvent à Curaçao ou dans une juridiction voisine, qui a déposé un dossier auprès du Curaçao Gaming Control Board, payé la taxe annuelle et reçu un permis de jeux. Le permis couvre un périmètre de jeux très large, autorise plusieurs catégories d’opérateur (B2C, B2B, sous-licence) et oblige à certaines vérifications techniques — générateur de nombres aléatoires audité, ségrégation des fonds des joueurs, procédures KYC de base.

Ce que la licence Curaçao impose réellement
L’opérateur titulaire d’un permis Curaçao doit, en théorie :
- détenir une personne morale immatriculée localement ou dans une juridiction reconnue ;
- soumettre son logiciel de jeu à un audit indépendant portant sur l’équité du RNG ;
- séparer les fonds déposés par les joueurs de ses fonds opérationnels ;
- vérifier l’identité des joueurs (KYC) et l’origine des fonds à partir de certains seuils ;
- afficher les coordonnées du régulateur et les mentions obligatoires sur le site.
Ces obligations existent. Elles ne sont cependant pas équivalentes à celles d’un régulateur européen intégré au marché intérieur, et l’écart n’est pas qu’une question de procédure : il porte sur les voies de recours effectives en cas de litige. Un joueur français contestant un retrait bloqué ou un bonus non versé devra saisir le régulateur curaçaolais, sans accès aux médiateurs européens, aux tribunaux français ou aux associations de consommateurs hexagonales.
Le statut juridique du casino Curaçao en France
Du côté français, l’ANJ publie deux documents de référence qui définissent ce statut. Le premier est la liste des opérateurs agréés — 17 entités juridiques titulaires d’un agrément au 17 septembre 2026, réparties sur les trois verticales licensibles (paris sportifs, paris hippiques, poker). Aucun casino en ligne n’y figure. Le second est la liste noire des sites de jeux d’argent et de hasard interdits en France, fichier CSV public qui recense les sites bloqués par décision administrative. Lue à la même date, cette liste contenait 4 845 lignes au format « SITE ; URL ; DATE DE LA DECISION », une même marque pouvant y apparaître sous plusieurs domaines (nu, www, miroirs).
Pour un casino Curaçao qui tente de servir des joueurs résidant en France, le mécanisme est binaire : soit il est absent de la liste noire et il opère dans une zone grise (poursuivi au cas par cas), soit il y figure et il est bloqué par les fournisseurs d’accès à internet français sur décision de l’ANJ. Le joueur qui atterrit sur un tel site ne « choisit » pas vraiment entre deux univers juridiques : il joue sur une offre que la France a, à un moment donné, jugée suffisamment problématique pour la bloquer.
Palmarès des casinos Curaçao bloqués par l’ANJ : ce que la liste noire dit de chaque marque
Aucun classement de casinos Curaçao ne peut être honnête sans préciser dès l’abord que tous les opérateurs qui suivent sont interdits en France et figurent à ce titre sur la liste noire de l’ANJ. Les comparer sans le dire serait induire le lecteur en erreur. Ce qui les distingue n’est pas leur « fiabilité » au sens où on l’entend pour un opérateur agréé, mais l’étendue de leur présence sur la liste noire — un indicateur indirect du volume de leur ciblage du public français, et de la récurrence avec laquelle ils ont dû multiplier leurs domaines pour contourner les blocages successifs.

Méthode et limites de la lecture
Les chiffres ci-dessous sont extraits du fichier CSV public de l’ANJ (consultation au 23 septembre 2026). Pour chaque marque, on compte les domaines bloqués, la date de la première décision de blocage et celle de la plus récente. Une même marque apparaît en général sous deux lignes au minimum (domaine nu et variante « www »), plus d’éventuels domaines miroirs. La liste noire est officiellement non exhaustive : l’absence d’une marque dans le fichier ne signifie pas qu’elle est autorisée, simplement qu’elle n’a pas (encore) fait l’objet d’une décision administrative de blocage.
Tableau comparatif des marques bloquées
| Marque | Présence sur la liste noire ANJ | Première décision | Nombre de domaines bloqués |
|---|---|---|---|
| Alexander Casino | Inscrite | 13/11/2024 | 12 |
| Betify | Inscrite | 04/03/2024 | 46 |
| MyStake | Inscrite | 13/06/2022 | 10 |
| LeonBet | Inscrite | 15/12/2023 | 116 |
| Lucky Treasure | Inscrite | 14/06/2023 | 7 |
Les colonnes retenues portent sur ce que la liste noire mesure réellement : la présence (oui/non), l’ancienneté du premier blocage et le nombre de domaines bloqués, qui renseigne sur la stratégie de multiplication des miroirs. Le reste — bonus, RTP, fournisseurs, méthodes de paiement — ne figure pas dans le tableau parce que la mesure n’a pas sa place ici : pour une marque non agréée, ces caractéristiques sont ou bien inaccessibles au lecteur, ou bien variables selon le marché ciblé, et leur donner un air de comparaison reviendrait à normaliser une offre que la France a choisi de bloquer.
Lecture du tableau : ce que mesure vraiment le nombre de domaines
Le nombre de domaines bloqués renseigne sur l’effort de contournement, pas sur la taille de l’opérateur. Betify, avec 46 domaines bloqués entre mars 2024 et mai 2026, illustre un cas typique d’opérateur qui a multiplié les URL francophones (betify-fr.fr, betify-france.app, betify-france.casino, etc.) pour maintenir l’accès depuis la France malgré les blocages successifs. LeonBet dépasse ce volume avec 116 domaines bloqués entre décembre 2023 et novembre 2025 — un déploiement qui, rapporté au nombre de décisions distinctes de l’ANJ, traduit à la fois l’ampleur du ciblage et la fréquence à laquelle les premières URL sont devenues inaccessibles.
Alexander Casino présente un profil plus récent et plus resserré : 12 domaines bloqués, première décision en novembre 2024, dernière en février 2026. Lucky Treasure, à l’opposé, a un volume étendu de 7 domaines bloqués entre juin 2023 et avril 2024, soit un cas où la multiplication des miroirs a eu lieu sur une fenêtre courte, possiblement avant que l’opérateur ne réduise sa cible française. MyStake enfin, avec 10 domaines bloqués entre juin 2022 et avril 2023, fait partie des marques au ciblage ancien : sa première décision remonte à plus de trois ans, ce qui en fait l’une des plus anciennes marques bloquées du fichier.
Ces chiffres appellent une réserve importante. Le fichier CSV public est tronqué dans sa lecture automatisée, et la liste noire est explicitement non exhaustive. Certaines marques citées dans la presse spécialisée (par exemple un décompte de 427 domaines mentionné par un site d’actualité consulté le 9 septembre 2026, avec mise à jour au 1er avril 2026) recoupent partiellement le fichier officiel sans s’y superposer exactement — l’ANJ cumule à la fois les actes administratifs (506 actes depuis mars 2022) et les URL bloquées (2 365 URL), qui sont deux unités de mesure différentes. Lire ces chiffres comme un palmarès de la « pire marque » serait une erreur : ce qu’ils mesurent, c’est l’effort de contournement opéré par des marques qui toutes, sans exception, sont hors cadre en France.
Calcul : combien de domaines par marque et par année de présence
Pour transformer ces chiffres en information utile au lecteur, on peut rapporter le nombre de domaines bloqués à la durée de présence sur la liste noire, c’est-à-dire entre la première décision de blocage et la dernière. Cela donne une cadence de déploiement de domaines miroirs, qui renseigne sur la pression exercée par chaque marque pour rester accessible malgré les blocages.
- Alexander Casino : 12 domaines sur 15 mois (novembre 2024 à février 2026), soit environ 0,8 domaine par mois.
- Betify : 46 domaines sur 26 mois (mars 2024 à mai 2026), soit environ 1,8 domaine par mois.
- MyStake : 10 domaines sur 10 mois (juin 2022 à avril 2023), soit environ 1,0 domaine par mois.
- LeonBet : 116 domaines sur 23 mois (décembre 2023 à novembre 2025), soit environ 5,0 domaines par mois.
- Lucky Treasure : 7 domaines sur 10 mois (juin 2023 à avril 2024), soit environ 0,7 domaine par mois.
Présentées ainsi en bande plutôt qu’en figure unique, ces cadences dessinent deux profils. Les marques qui dépassent un domaine bloqué par mois (Betify, LeonBet, MyStake) ont mené un effort de contournement continu sur la durée, ce qui suggère une réactivité opérationnelle à chaque nouvelle décision de l’ANJ. Les marques sous un domaine par mois (Alexander Casino, Lucky Treasure) présentent des fenêtres de blocage plus resserrées dans le temps, sans qu’on puisse en conclure un ciblage plus faible — simplement une séquence administrative différente. Ce qui compte pour le joueur français, c’est moins la cadence que le fait que la marque figure dans le fichier : un site bloqué reste bloqué, et tout clic depuis la France passe par un miroir qui sera à son tour inscrit dans les semaines ou les mois qui suivent.
Alexander Casino
Alexander Casino apparaît dans le fichier des sites bloqués de l’ANJ avec le nom « ALEXANDER CASINO » avec 12 domaines bloqués au 23 septembre 2026, première décision le 13 novembre 2024 et plus récente le 19 février 2026. La marque est bloquée via de multiples noms de domaine dédiés. Aucun de ces sites n’est agréé par l’ANJ, et le dossier du joueur français qui s’y inscrit s’inscrit dans une marque que la France a déjà identifiée comme ciblant son public.
Le profil de marque est typique des casinos Curaçao récents : interface en français, mentions de licence Curaçao, RTP affichés sur les pages de jeux, service client francophone. L’agrément Curaçao existe ; il ne couvre pas la France. Pour le lecteur, l’intérêt de la marque n’est pas dans ses caractéristiques commerciales — qui peuvent être objectivement correctes — sur un casino Curaçao peut être honnête sur ses jeux tout en étant bloqué par l’ANJ. L’intérêt est dans le statut juridique : en s’inscrivant, le joueur prend acte que l’offre qu’il utilise est explicitement hors du périmètre français, et qu’il n’aura pas accès aux mécanismes de protection prévus pour les opérateurs ANJ. C’est cette position du décideur qui fait le coût réel de la marque, bien plus que les 12 domaines bloqués.
Betify
Betify est mentionné par l’ANJ sous le libellé « BETIFY » avec 46 domaines bloqués au 23 septembre 2026, première décision le 4 mars 2024 et plus récente le 26 mai 2026. Le nombre de domaines reflète une stratégie de ciblage francophone intense. C’est l’une des marques dont la cadence de miroirs dépasse le domaine par mois sur la période observée, ce qui traduit une pression opérationnelle continue.
L’échelle du déploiement (46 domaines sur 26 mois) a une signification concrète : à chaque blocage, l’opérateur a mis en ligne de nouvelles URL francophones pour maintenir l’accès. Pour un joueur qui s’inscrit sur Betify en 2026, cela signifie qu’il arrive sur une marque dont l’ANJ a déjà retracé plus de quarante tentatives d’accès au public français. Le coût n’est pas financier au sens du bonus ou du RTP ; il est en termes de position : s’inscrire sur une marque aussi intensément bloquée, c’est prendre acte d’une cible française explicite et accepter l’absence de tout recours français en cas de litige.
MyStake
MyStake est référencé par l’ANJ sous le libellé « MYSTAKE » avec 10 domaines bloqués au 23 septembre 2026, première décision le 13 juin 2022 et plus récente le 26 avril 2023. C’est l’une des marques au ciblage ancien du fichier, présente depuis plus de trois ans. La marque opère via de multiples domaines bloqués pour maintenir son accessibilité.
MyStake fait partie des marques citées à la fois par la presse spécialisée et par le fichier officiel de l’ANJ comme opérateur illégal en France, ce qui lui donne un statut de référence dans les comparatifs de sites bloqués. Pour un joueur français, la marque a probablement été découverte par des canaux de communication qui contournent les blocages (publicité en ligne, affiliation, réseaux sociaux), et c’est précisément cette persistance qui justifie son inscription répétée sur la liste noire. Le coût d’usage pour un résident français n’a pas changé depuis 2022 : aucune protection ANJ, aucun accès à l’IVJ, aucun recours en cas de litige.
LeonBet
LeonBet figure sur la liste noire de l’ANJ sous le libellé « LEONBET » avec 116 domaines bloqués au 23 septembre 2026, première décision le 15 décembre 2023 et plus récente le 20 novembre 2025. Le volume de domaines reflète une stratégie de déploiement à grande échelle, avec un grand nombre de domaines bloqués additionnels. C’est la marque dont la cadence de miroirs est la plus élevée du panel (environ 5 domaines par mois sur la période observée), signe d’une réactivité opérationnelle maximale à chaque décision de l’ANJ.
L’échelle (116 domaines sur 23 mois) impose une lecture prudente. Une marque qui multiplie ses miroirs à ce rythme investit dans le maintien de son accessibilité au public français, ce qui suggère un volume d’inscription non négligeable. Pour le résident français qui s’y inscrit, le coût n’est pas seulement juridique : c’est aussi le signal qu’il rejoint une marque dont la présence française est l’objet d’un effort industriel continu. Le permis Curaçao dont elle se prévaut existe, mais ne change rien au statut hors cadre français.
Lucky Treasure
Lucky Treasure est identifié par l’ANJ sous le nom « LUCKYTREASURE » avec 7 domaines bloqués au 23 septembre 2026, première décision le 14 juin 2023 et plus récente le 11 avril 2024. La marque est bloquée sous plusieurs domaines. La fenêtre de blocage est courte (10 mois), ce qui peut indiquer un ciblage initial suivi d’un repositionnement, ou simplement une séquence administrative différente.
Lucky Treasure illustre un cas où la multiplication de miroirs a eu lieu sur une période resserrée. Pour le résident français qui découvre la marque, la présence sur la liste noire suffit à établir le statut : aucun agrément ANJ, aucune couverture par les mécanismes de protection français. Le coût d’usage est le même que pour les marques à plus fort volume de miroirs — absence d’IVJ, absence de plafonds de dépôt contraignants, absence de recours en cas de litige.
Pourquoi ces casinos sont interdits en France : la mécanique juridique de la prohibition
L’interdiction des casinos en ligne sous licence Curaçao en France ne résulte pas d’une décision isolée, mais d’un ensemble de dispositions du Code de la sécurité intérieure combinées à la mission de l’ANJ. Comprendre cette mécanique, c’est comprendre pourquoi la licence Curaçao — même authentique — ne suffit pas à rendre l’offre légale en France.
Le monopole français sur les jeux de cercle, paris et poker
Le droit français des jeux d’argent en ligne repose sur un système d’agrément exclusif. L’ANJ (Autorité nationale des jeux), créée en 2020 pour reprendre les missions de l’ARJEL, délivre des agréments sur trois verticales seulement :
- les paris sportifs ;
- les paris hippiques ;
- les jeux de cercle, c’est-à-dire le poker.
Aucune de ces verticales ne correspond à ce qu’un joueur entend par « casino en ligne » : les machines à sous, la roulette, le blackjack et le baccarat n’y figurent pas. Cette exclusion est ancienne (loi du 12 juillet 2010 dite « loi Loppsi 2 ») et n’a pas été remise en cause depuis. Une tentative de légalisation des casinos en ligne a été évoquée puis abandonnée le 28 octobre 2024, et la prohibition demeure en 2026. Le débat existe, mais il n’a pas abouti.
Pour un casino Curaçao qui voudrait servir des joueurs français sur la verticale « casino », il n’existe donc pas d’agrément accessible. La situation n’est pas celle d’un régulateur qui aurait refusé un dossier : c’est celle d’un cadre juridique qui n’a pas prévu cette catégorie. Aucune démarche de mise en conformité n’est possible.
La liste noire : un outil de blocage administratif
L’ANJ tient et publie une liste noire des sites de jeux d’argent et de hasard interdits en France. Cette liste est établie par décision administrative, sur le fondement de l’article 61 de la loi du 12 mai 2010 et des textes ultérieurs. Elle est publiée sous forme de fichier CSV avec les colonnes « SITE ; URL ; DATE DE LA DECISION ». Une marque absente de la liste n’est pas pour autant autorisée : la page officielle précise que « si le site ne figure pas dans cette liste, cela ne signifie pas qu’il est autorisé ».
Le mécanisme de blocage est ensuite technique : les fournisseurs d’accès à internet français sont tenus de bloquer l’accès aux domaines inscrits sur la liste, sur réquisition de l’ANJ. Le joueur qui clique sur un lien vers un domaine bloqué arrive sur une page d’information signalant le blocage. Pour l’opérateur, contourner ce blocage en ligneant de nouveaux miroirs ne fait que repousser l’échéance, puisque chaque nouveau miroir peut à son tour être inscrit.
Les sanctions contre la publicité pour des sites non agréés
L’article 80 de la loi du 12 mai 2010 punit d’une amende de 100 000 euros la publicité pour un site de jeux d’argent non agréé. Cette sanction vise les éditeurs de sites, les affiliés, les influenceurs et toute personne qui relaie une offre illégale. Pour un joueur, cela signifie que l’écosystème qui promeut ces casinos Curaçao est lui-même sous contrainte juridique : les sites de comparatifs, les chaînes YouTube, les affiliations en ligne sont exposés en relayant ces marques. Lire un comparatif de casinos Curaçao sans avertissement sur le statut juridique, c’est accepter la promotion d’une offre que la loi interdit de promouvoir.
L’auto-exclusion et les protections auxquelles un casino Curaçao n’est pas tenu
Le joueur qui s’inscrit sur un casino Curaçao renonce, en pratique, à trois protections de l’écosystème français :
- L’IVJ (interdiction volontaire de jeux) couvre l’ensemble des opérateurs agréés. Un casino Curaçao n’est pas agréé, donc pas couvert. Le joueur qui s’est inscrit sur la liste nationale continue d’avoir accès à ces sites.
- Les plafonds de dépôt et de mise imposés par l’ANJ (plafond par défaut, plafond modulable, plafond d’auto-exclusion) ne s’appliquent pas hors agrément. Le joueur se retrouve exposé à des limites fixées par l’opérateur, qui peuvent être plus souples ou plus dures selon la politique commerciale.
- Les contrôles KYC au moment du retrait sont à la main de l’opérateur. Un joueur français peut se voir demander des justificatifs plus lourds au moment du retrait qu’au moment de l’inscription, sans voie de recours française.
C’est ce décalage qui fait le coût réel d’un casino Curaçao pour un résident français. L’agrément Curaçao n’est pas absent, l’opérateur n’est pas nécessairement malhonnête, mais le joueur sort du filet de protection français sans le voir.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’une licence de Curaçao pour un casino en ligne ?
Une licence délivrée par le Curaçao Gaming Control Board, autorité de régulation de l’île, qui autorise un opérateur à proposer des jeux de casino en ligne depuis Curaçao. Elle couvre l’audit du RNG, la ségrégation des fonds joueurs et des obligations KYC de base, mais ne s’étend pas à la France, où le casino en ligne n’est pas agréable. Le permis Curaçao permet d’opérer, pas d’être servi depuis la France.
Un casino sous licence Curaçao peut-il accepter des joueurs français ?
Non, pas légalement. Les casinos en ligne ne figurent pas parmi les verticales agréées par l’ANJ (paris sportifs, paris hippiques, poker). Une tentative de légalisation a été abandonnée le 28 octobre 2024 et la prohibition reste en vigueur en 2026. Un casino Curaçao qui accepte un joueur français opère donc en dehors du cadre autorisé, et c’est précisément ce que sanctionne la liste noire de l’ANJ.
Pourquoi les casinos Curaçao apparaissent-ils sur la liste noire de l’ANJ ?
L’ANJ inscrit sur sa liste noire les sites de jeux d’argent et de hasard non agréés qui ciblent le public français. Un casino Curaçao qui sert (ou tente de servir) des joueurs résidant en France y figure systématiquement, parfois sous plusieurs dizaines de domaines quand l’opérateur multiplie les miroirs pour contourner les blocages successifs. Le fichier CSV public recensait 4 845 lignes au 17 septembre 2026.
Quelle est la différence entre une licence Curaçao et une licence ANJ ?
La licence Curaçao est un permis d’exploitation délivré par le régulateur de Curaçao, qui autorise à opérer depuis Curaçao sur les verticales casino. La licence ANJ est un agrément délivré par l’Autorité nationale des jeux, qui autorise à servir le public français uniquement sur trois verticales : paris sportifs, paris hippiques, poker. Les deux ne couvrent ni les mêmes opérateurs ni les mêmes joueurs, et ne sont pas interchangeables : un agrément Curaçao ne vaut pas agrément français.
Jouer sur un casino Curaçao depuis la France est-il légal ?
Non. Le casino en ligne n’est pas agréable en France, et toute inscription sur une telle offre place le joueur en dehors du périmètre autorisé. Le joueur ne commet pas d’infraction pénale en tant que tel, mais il renonce aux protections de l’ANJ (IVJ, plafonds de dépôt, recours) et joue sur une marque que l’ANJ a inscrite sur sa liste noire. Pour jouer dans le cadre français, il faut se tourner vers les opérateurs agréés sur les verticales paris sportifs, paris hippiques et poker.
Comment savoir si un site de casino Curaçao est bloqué en France ?
Le fichier CSV public de l’ANJ (consultable sur le site ressources.anj.fr) recense les sites bloqués par décision administrative. Une marque qui y figure est bloquée par les fournisseurs d’accès à internet français sur réquisition de l’ANJ. La liste est cependant non exhaustive : l’absence d’une marque dans le fichier ne signifie pas qu’elle est autorisée, simplement qu’elle n’a pas fait l’objet d’une décision de blocage à la date de consultation. Le critère le plus fiable reste l’inscription sur la liste des opérateurs agréés de l’ANJ, qui ne comporte aucun casino en ligne.
Créé par la rédaction de « Casino Sans Verification Hub ».
